Le Riad Ayadina se trouve sur les fondations de l’ancien Palais Ayadi datant du XIXème siècle. Il n’y a donc pas si longtemps, le Caïd Ayadi (1880-1964), vivait dans ces lieux avec ses courtisans, son harem de vingt femmes et à fortiori ses nombreux enfants.
La partie où se trouve le Riad Ayadina était autrefois destinée aux favorites du Caïd. Quant au sous-sol il faisait office de prison.
L’histoire fabuleuse du Caïd semble sortir d’un conte des Mille et une Nuits. Son père était un guerrier tribal vénéré dans tout le canton. L’autorité symbolique de ce personnage a eu beaucoup d’influence sur le Caïd Ayadi qui, adolescent savait déjà combattre.
El Ayadi avait un grand charisme : le regard fier, une allure élancée, le front souriant, le nez aquilin, les lèvres charnues, les sourcils dessinés et la barbe ébouriffée. Mais si le physique révèle parfois un homme rude, ses qualités sont au contraire la finesse, la douceur et la tendresse. Intelligent, diplomate et bon vivant, le jeune Ayadi incarnait la gloire de tous ses ancêtres.
Grand orateur El Ayadi va s’imposer sur la scène politique et élaborer le Makhzen, un des piliers de l’idéologie coloniale. Il veillait sur les rites, les traditions, la santé et la satisfaction des membres de sa « tribu ». Son foyer, sa façon de s’habiller, manger, se tenir… tout de lui était perçu comme un exemple à suivre. Si l’institution caïdale est morte aujourd’hui avec la fin du colonialisme, El Ayadi demeure un symbole de la transition douloureuse d’une culture à l’autre. Inscrire son action dans la légitimité de l’histoire était tout ce que désirait cet homme pieux.